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Le Coût de l'immigration en France.... Une Vraie QUESTION?

Le coût de l’immigration en France … une vraie question ?

Dans son dossier spécial « Le vrai bilan économique de la France », paru en décembre 2010, la revue Capital avertit ses lecteurs : le thème de l’immigration y est traité de façon originale et différente de ce que l’on a l’habitude de lire ou d’entendre : « Prévenons d’emblée : l’approche économique procure moins de frissons qu’une envolée sur l’islam, une pétition contre le fascisme ou un reportage sur la polygamie. Mais elle ressemble furieusement, elle, à la réalité. Car, dans cette affaire, tout le monde pense coûts et bénéfices ».

D’après ce reportage, l’immigration rapporte à la France plus que ce qu’elle coûte : le solde serait positif de 12,4 milliards d’euros. Les évaluations chiffrées sur le coût et l’apport économiques de l’immigration sont souvent sujettes à caution: elles dépendent d’un trop grand nombre de facteurs, pas toujours mesurables.

D’ailleurs, plusieurs études sont déjà sorties sur ce thème… elles ont toutes abouti à des résultats complètement différents, en fonction des facteurs pris en compte. Autres critiques fréquentes au sujet de ce type d’étude : l’idée de n’étudier l’immigration que sous un angle économique peut être dérangeante : il s’agit avant tout d’humain.

Toutefois, le dossier de Capital mérite d’être remarqué ; d’abord parce qu’il s’appuie sur de nombreuses sources ; ensuite parce qu’il montre une réelle volonté d’objectivité ; surtout parce qu’il fait tomber un certain nombre de préjugés : ceux des défenseurs invétérés de l’immigration, comme ceux qui pensent que les étrangers n’ont pas leur place en France.

Dans la série « les coûts de l’immigration »:

- Les allocations profitent à 40% des familles africaines, contre un quart des familles autochtones. Cette situation est surtout démographique (plus grand nombre d’enfants), et a tendance à disparaitre dès la 2ème génération.

- Les immigrés sont 2 fois plus touchés par le chômage que le reste de la population (15,2%, contre 7,3% en 2007, selon l’Insee). Les niveaux d’étude sont loin d’être les seuls responsables : en 2004, les jeunes bac + 3 avaient un taux de chômage de 13% avec deux parents étrangers, contre deux fois moins avec des parents français.

- Sont également cités les prix de l’immigration clandestine (la politique d’éloignement aurait coûté 232 millions l’an dernier selon le Ministère de l’Immigration, 2,5 milliards selon l’association cette France-là…), le coût de l’Aide Médicale d’Etat (150 millions selon le Ministère), ou le poids de la délinquance, dans laquelle immigrés et étrangers sont surreprésentés (“selon l’Observatoire national de la délinquance, près de 127 000 des étrangers en France ont eu affaire à la police et à la gendarmerie en 2008, soit 11,9% du total des mises en cause pour seulement 5,8% de la population”).

Dans la série « apports de l’immigration »:

- La diversité dans l’emploi est un atout considérable : les équipes multiculturelles sont plus efficaces et plus novatrices. Le fait de posséder une double culture procure un avantage appréciable dans le commerce international.

-Les immigrés et les étrangers dopent la consommation. Le business ethnique se développe : « le marché des produits halal pèse 6 milliards d’euros et progresse de 10% par an, selon l’institut Xerfi. Depuis 2007, Nestlé, leader mondial du créneau, a créé une quarantaine de produits Maggi et Herta destinés aux musulmans. Fleury Michon, Labeyrie ou Pierre Martinet lui ont emboîté le pas ». Les classes moyennes d’origine étrangère ont un important pouvoir d’achat : « les ménages immigrés ont versé, en 2005, près de 18,5 milliards d’euros de taxes sur la consommation. Une part supérieure à leur poids démographique ».

- Une forte main-d’œuvre étrangère est indispensable dans les secteurs qualifiés « d’immigro-dépendants » (ex : couvreurs, charpentiers ou chauffagistes qualifiés, les centres d’appels, les transports, la logistique) et les métiers DDD (”dégueulasses, difficiles et dangereux”) : près de 50% des travailleurs dans le nettoyage seraient immigrés ; ils seraient 25% dans la construction et la restauration, selon l’économiste Joël Oudinet.

Enfin, pour « contrebalancer » le coût de l’AME, ce dossier souligne que les étrangers se rendent plus souvent à l’hôpital, mais dépensent peu en frais de santé : alors qu’ils représentent 8,3% de la population, ils consomment moins de 3% des dépenses de santé.

Toujours dans le secteur de la santé, certains services, dans certains hôpitaux, ne tournent que grâce à une importante proportion de médecins étrangers, moins bien payés.

Bref, si un regard exclusivement économique peut paraitre réducteur, il nous apporte néanmoins des informations qui nous permettent d’apprendre et de mieux comprendre le phénomène migratoire en France.

Source : Le dossier « le vrai bilan économique de la France », sur le magazine Capital (décembre 2010)



26/02/2011
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