DIALLOBEDUCATION

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L'Afrique seule, au chevet de l'Afrique

L’Afrique seule, au chevet de l’Afrique

 

« Une civilisation, qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux, est une civilisation atteinte. »  Aimé Césaire

Le discours des négationnistes le plus répandu veut que l'Afrique non seulement doit tout aux étrangers mais qu'en plus seuls les étrangers pourront la sortir de la situation dramatique dans laquelle elle se trouve plongée depuis belles lurettes. Et pourtant, Ibn Battuta qui a visité le Mali en 1352  en a dressé un portrait réaliste ne versant ni dans l'éloge ni dans la calomnie. Plus tard, Léon l'Africain en décrivant le Tombouctou du XVIème siècle diffusa dans les milieux lettrés d'Europe l'image d'une ville mythique et merveilleuse au cœur du pays noir. Pour ce qui est des Européens, on peut remarquer que l'historiographie réellement négrophobe n'est apparue que vers la fin du XIXème siècle. Les Portugais et le Pape ne cachèrent jamais leur profonde admiration pour l'empire « Kongo » et ce dès le XVIème siècle. Et même à l'époque de la « négrophobie » triomphante, l'Allemand Leo Frobenius écrivait en 1933 : « Lorsqu’ils arrivèrent dans la baie de Guinée et abordèrent à Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien aménagées, bordées sur une longueur de plusieurs lieues par deux rangées d’arbres ; ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habités par des hommes vêtus de costumes éclatants dont ils avaient tissé l’étoffe eux-mêmes ! Plus au sud, dans le Royaume du Congo, une foule grouillante habillée de « soie » et de « velours », de grands États bien ordonnés, et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! Et toute semblable était la condition des pays à la côte orientale, le Mozambique, par exemple ».

Ces analyses et ses constats montrent que l’Afrique avait de fortes potentialités avant les interventions étrangères et avait réussi son développement sans l’apport des étrangers. Il n'est pas rare d'entendre que « le monde est ainsi fait et que si chacun reste chez soi alors plus rien ne va, il faut s'ouvrir au monde pour assurer son salut ». Ce discours est absurde et tient de la leçon du mondialisme apprise par cœur plus qu'il ne tient du réalisme. Hormis le fait que ce discours est en tout point identique au discours colonialiste qui prétend que rien d'admirable peut émerger en Afrique sans intervention étrangère, avec pour seule nuance qu'il est tenu par des Africains pleins de bonne volonté, ce discours est également dénué de sens et l'Afrique en est la plus grande preuve visible sur terre.

L’idéologie qui disait qu’il fallait s'emparer des peuples Africains pour les civiliser n’était qu’un moyen pour justifier une mainmise sur les richesses du continent africain. L'Afrique est un continent où toute présence étrangère a semé le chaos et cela depuis des siècles. Depuis l'intrusion des arabes au VIIème siècle, le continent africain est le théâtre du génocide le plus long et le plus ignoré de l'histoire, esclavage à grande échelle avec des pertes humaines considérables avant même la livraison de la marchandise sur les lieux où elle était exploitée et où son espérance de vie était très faible.

Je parle aux arabes sous le couvert de la religion musulmane, car la traite négrière est aussi le fait de persans, de berbères, de turcs, d'indiens et d'Africains qui avaient pour point commun la pratique de l'islam et la soumission à l'hégémonie Arabe. A ceux-là se joignirent environ un millénaire plus tard les européens, tout aussi cruels mais qui il est vrai  remirent vite en cause cet odieux commerce puisque le dernier pays à abolir l'esclavage fut les Etats Unis en 1865 soit environ 300 ans après le début de la traite Atlantique, alors qu'il fallut attendre 1981 pour qu'un pays tel que la Mauritanie interdise cette pratique même si elle reste officiellement tolérée. Ce drame a été sans nul doute à l’origine du conflit sénégalo-mauritanien qui fit beaucoup de morts.

Cela fait donc plus de 1400 ans que l'Afrique subit une hémorragie démographique au profit de puissances étrangères. Le continent américain, tel qu'on le connait aujourd'hui, doit les bases de sa prospérité au sang versé par les Africains. En échange, l'Afrique ne doit absolument rien au continent Américain, mis à part le fait d'avoir vu sa population passer de 600 millions d'individus au XVème siècle à 200 millions au XIXème siècle.

En plus du désastre démographique, les étrangers sont également responsables du désastre sanitaire Africain quand bien même la colonisation a apporté des innovations médicales que les Africains auraient très bien pu découvrir seuls, on peut voir que leur ombre plane au-dessus de l'apparition du SIDA. Aujourd'hui encore les populations africaines sont les cobayes de l'industrie pharmaceutique occidentale, leurs vies sont mises en danger pour des médicaments qu'elles n'auront jamais les moyens d'acheter. Le même constat a pu être fait lorsque les pays américains ou européens n’ont pas hésité à faire leur test industriel ou armemental en Afrique.

Et quand l'étranger se montre « charitable » c'est en réalité pour attiser la corruption, ou encore pour amplifier son ingérence dans les affaires du « pays » ou plutôt du bout de terre pris pour cible, parfois même le seul but de l'action humanitaire est de détruire l'économie locale et d'enfermer les populations dans le cercle vicieux de la dépendance, ainsi le riz OGM gratuit a détruit la riziculture ou la culture des denrées vivrières dans beaucoup de pays du continent. Haïti ne s’est-il pas appauvri par l’apport de l’industrie agricole américaine ? Des pays comme le Sénégal ne se ruinent-ils pas en important la plus grande partie de la nourriture de sa population (exemple du riz thaïlandais).

Triste paradoxe, alors qu'Areva s'assure la place de leader mondial de la production d'énergie nucléaire grâce à l'uranium du Niger, ce pays est actuellement le moins électrifié de la planète et compte parmi les pays les plus pauvres du monde et est gangréné par la corruption et la mauvaise gouvernance.

On peut aussi accuser les étrangers d'être responsables du désastre économique Africain, ceux-ci exploitent le sous-sol et leurs investissements viennent en partie gonfler le porte-monnaie des élites corrompues, qui d'ailleurs ont la majorité de leurs actifs hors d'Afrique, dans les paradis fiscaux ou dans l'immobilier de luxe parisien. Les populations Africaines en plus de devoir importer des produits hors de prix élaborés grâce aux ressources de leur terre ne peuvent même pas compter sur les fortunes locales pour augmenter le taux d'emploi, puisque celles-ci se refusent à investir l'argent sale dans leur pays. L'Afrique n'est rien d'autre que l'esclave de la mondialisation, elle donne mais ne reçoit rien en contrepartie.

Cette acceptation de la situation actuelle peut être mise sur le compte du désastre psychologique que subit le continent et là encore c'est bien de l'étranger que vient cette aliénation servile. Quand arabes et européens sont venus en Afrique instaurer leur ordre nouveau, c'est avant tout pour orienter le psychisme Africain vers leurs intérêts propres. Il s’agit de couper le peuple de ses racines pour qu'il ne puisse plus s'inspirer confiance et réaliser qu'il est la seule solution à ses problématiques.

Quand on dit que l'Afrique doit se prendre en main, il faut avant tout comprendre que l'Afrique doit se débarrasser des étrangers et de leurs complices qui depuis des siècles prouvent qu'ils n'apportent que de la désolation et des destructions. Si l'Afrique veut refaire surface, elle devra alors exploiter à son profit ses ressources matérielles, humaines, culturelles et spirituelles. L’Afrique doit retenir les leçons du passé dont la plus importante: redevenir une civilisation imperméable à tout élément étranger destructeur. Croire qu'elle s'épanouira en vivant sur des emprunts étrangers est une grande erreur d'autant plus que ceux-ci lui ont été imposés pour accélérer sa perte. Comment peut-on comprendre alors qu’aucun organisme international digne de ce nom ne réserve aucun siège signifiant au continent ; ni de représentant au Conseil de Sécurité des Nations Unies, G20 etc…

L’Afrique souffre et vit avec sa longue maladie : celle de ne pas croire en elle ; le moment est venu pour qu’elle prenne ses responsabilités. Personne ne le fera à sa place, seule elle y arrivera.

 

Amadou DIALLO http://adiallo132009.blog4ever.com/



25/11/2010
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